Le ciel était bien bleu pourtant
Sur ta contrée de lumière
Quand le premier pas
de la botte
Est monté dans le vent
Et qu’un nuage de poussière
A recouvert les murs des champs
Tous les espoirs et tes montagnes les plus hautes
Les sales gueules des canons
Et les escadrons
sauvages
Sanguinaires et carnassiers
Ont mis le feu à ta maison
Il t’en a fallu du courage
Pour les défier du menton
Et faire sonner ta voix contre l’acier
Tes mains se sont alors armées
Et
tu t’es mis dans le crân’
Cette chanson, cette promesse
Celle des causes désespérées
Mourir dans un beau champ de blé
Et puis tant pis pour la jeunesse
Hasta la muerte, no pasaran
Mais quand ton
ciel s’est obscurcit
Couvert d’une chape de plomb
Les cris d’révolte assassinée
Sont morts dans ton coeur endurcit
L’exil fut ta sortie d’prison
Tu pris la pelle contre le fusil
De l’aut’côté des
Pyrénées
Et sous un ciel beaucoup moins bleu
Que dans tes contrées de lumière
Tu as bâti ton nouveau monde
Armé d’un’pelle et d’un épieu
Avec l’espoir en bandoulière
Sur le chemin des hommes
heureux
Leur terre promise, la liberté.
La vie, les années et l’ouvrage
Ont tanné ta peau d’homme libre
Et les enfants de tes enfants
Portent bien haut le témoignage
De l’histoire qu’on lit dans
les livres
Celle d’un impardonnabl’ outrage
Hasta la muerte, no pasaran.
C’est pour la tâche rouge
Qu’il y avait dans ton coeur
Qu’ils ont voulu ton sang, guerillero
Pour remplacer l’encre
Qui coule dans le leur
Qu’ils ont voulu ta peau,guerillero