Le paysan de ces montagnes
A vécu au milieu du vent
Qu’il veille encore sur nos campagnes
Jusqu’à notre dernier printemps
Depuis quand régnez-vous sur nos joyeux abîmes
Dans le calme évident de votre immensité,
Accoudé à l’ombre apaisante des cimes
Qu’avez-vous décelé de notre avidité ?
Vous vous êtes assis sur ces roches imberbes,
De la terre accrochée à vos puissants souliers
Et vous avez
plongé votre cœur dans ces herbes
Et projeté vos yeux à l’horizon des prés.
Vous avez bu cent fois le silence obsolète
Comme un philtre divin, vous vous êtes grisé
De ce vide absolu ? mais votre
âme discrète
N’a pas trahi le goût subtil de son secret.
Oh ! qu’avez-vous appris de cette solitude ?
Etouffé dans le ciel par la limpidité
Et par la transparence bleue des altitudes,
Oh !qu’avez-vous appris sur notre obscurité ?
Le paysan de ces montagnes
A vécu au milieu du vent
Qu’il veille encore sur nos campagnes
Jusqu’à notre dernier printemps
Qu’est-ce qui
flotte dans l’air purifié des montagnes
Et qu’il faille laisser échapper dans le vent ?
De nos mains, de vos voix, seule humaine compagne,
Les doigts crispés de l’air à l’eau des océans
Tout
échappe sans fin à notre maladresse
Et du haut des sommets, bergers, vous constatez
L’éblouissante vue de l’amère caresse
Que la nature donne à notre absurdité.
Mais qu’elle veille encore sur
nos petits toits rouges
Votre ombre mystérieuse et muette, et l’été ,
Nous irons au pays du ciel où rien ne bouge
Remplir nos âmes vides et froides de clarté.
Sur les pentes dociles, parmi les
ajoncs faibles,
Nous irons comme vous emprunter le sentier
Que le rouge-queue garde de ses petites ailes
Et qui conduit aux pics idiots, de la beauté.
Le paysan de ces montagnes
A
vécu au milieu du vent
Qu’il veille encore sur nos campagnes
Jusqu’à notre dernier printemps