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La paix sociale
On nous a demandé
Quelle est la situation sociale
Des heureux géniteurs de cet enfant
A la maternité
Et j’eus …
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On nous a demandé
Quelle est la situation sociale
Des heureux géniteurs de cet enfant
A la maternité
Et j’eus le remord méprisable
De n’avoir pu choisir d’autres parents
Mais je me suis très vite fait une raison
Avec un peu d’espoir et d’imagination
A grands coups d’innocence le monde allait
changer
Le moment de l’enfance est celui de rêver
Mais quand le cœur nourrit de telles ambitions
L’enfance est le moment de la désillusion
Ecoutez la sagesse, l’expérience a voulu
Que l’éducation serve à s’avouer vaincu
Faut d’abord avaler
Cul sec la vérité sociale
Le monde est d’abord fait pour les méchants
Faut d’abord accepter
Les compromissions
incroyables
Il faut savoir pleurer pour être grand
Ceux qui ont cru pouvoir donner leur opinion
Quand le maître a posé une question
Sur les bancs de l’école n’ont pas eu de bon point
A part l’obéissance on ne demande rien
Ni l’instruction civique ni la philosophie
Ne souffrent les discours puérils de l’utopie
La horde des élèves vont ranger leurs crayons
Et s’asseoir sur
l’espoir radieux de leurs chansons
Dans les rangs ordonnés
Voyez l’autorité sociale
Abreuver de savoir vos enfants blonds
Tant que la liberté
reste enfermée dans les cartables
nous pourrons la garder comme en prison
alors pour respirer j’ai voulu voyager
j’ai traversé le monde à fond pour la semer
et malgré la jeunesse je me sentais épié
et malgré la vitesse
elle me rattrapait
les papous d’Australie criaient à l’unisson
avec leurs frères indiens les peuls et les bretons
fais gaffe elle te suit, elle est sur tes talons
tu vas bientôt tomber dans son
grand piège à cons
faut pas vouloir jouer
avec l’autorité sociale
elle a toujours gagné sur tous les fronts
elle tend ses filets
et déploie son arme fatale
c’est la
sécurité dont nous rêvons
quand j’ai voulu bosser pour des associations
le cœur plein d’espérance et de résolution
ils ont voulu connaître quel était mon passé
et la raison qui me poussait à
m’engager
puis on m’a demandé quelle est ma formation
quel homme politique j’avais pour relation
alors on a voté et confié la mission
de remplir un putain d’dossier de subvention
il
faut toujours prouver
sa légitimité sociale
et montrer son casier à tous ces cons
sous peine de sombrer
dans la masturbation mentale
il faut d’abord savoir se faire un nom
pour poursuivre ma vie il fallut la gagner
et comme les copains je suis allé bosser
sans savoir si la boîte qui m’avait employé
respectait la morale en laquelle je croyais
mais tant pis
pour l’éthique l’honneur et les idées
je borne mon soucis à mon garde-manger
je me fonds dans la masse, j’aime la société
et j’apporte ma pierre à la fidélité
pour pouvoir digérer
la
deshumanité sociale
faut avoir l’estomac dans les talons
faut pouvoir accepter
d’être un homme en étant que dalle
et garder le sourire dans les salons
c’est vrai j’en ai bavé mais
tout est remboursé
elle est pas belle la vie des jeunes retraités
les pieds dans les pantoufles, abruti de télé
on a tout le loisir de se faire opérer
mais j’ai appris hier par les
informations
que c’était le dernier jour pour les inscriptions
c’est la loi qui a changé, j’pouvais pas deviner
qu’il y a un formulaire à remplir pour crever
dans les papiers glacés de la
sécurité sociale, quel est le cadre réservé au défunt
je l’avais mérité mais mon ticket n’est plus valable, je ne pourrai jamais être quelqu’un (bis)
D'ausir dins : Chansons pour les humains
